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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 21:33

Les éditions Hoëbeke ont lancé en mars 2010 une nouvelle collection dédiée aux photographes. Le principe en est simple : leur donner la parole en leur proposant de revoir leurs reportages, de se souvenir des moments importants de leur vie, de parler de leur métier (de leur art) en composant eux-mêmes une anthologie de leurs photos les plus significatives. D'où le titre de la collection : "Derrière l'objectif", avec pour sous-titre : "Photos et propos". Les trois premiers ouvrages déjà parus sont signés Willy Ronis, Eric Valli et Reza. 

La singularité de l'oeuvre d'un photographe est fonction de ses choix, de ses thèmes de prédilection, fonction également de son rapport à l'histoire, à la géographie, de son parti pris ethnographique ou psychologique, de son aptitude surtout à tâtonner vers une émotion qui s'appuie certes sur la réalité, mais dont la nature a trait à la dimension proprement créatrice de son travail. Cette aptitude est flagrante chez Hans Silvester qui signe le quatrième ouvrage de la collection. 

Né en 1938 à Lörrach, dans le Bade-Wurtemberg, près de la Forêt-Noire, Hans Silvester a quitté très tôt l'école pour entrer en apprentissage chez un patron photographe. Il aurait pu choisir un "métier du cheval" puisqu'il faisait partie de l'équipe minime nationale de dressage. Ce fut la photo. Avec elle, il découvrit la Camargue et ses gardians, retrouvant ainsi les chevaux. Ce fut son premier livre avec un texte de Jean Giono qui lui ouvrit la porte de la notoriété. 

Conjurer l'invincible malentendu de cet art

D'origine modeste, il n'était en rien prédisposé à être photographe. C'est peut-être à "ces revues largement illustrées de photographies", introduites par les Américains en Europe au lendemain de la guerre, qu'il doit d'avoir choisi cette voie. "Je me souviens aussi et surtout, écrit-il, mettant le doigt sur l'essentiel, de la revue suisse Du, dans laquelle Werner Bischof a publié ses premiers reportages sur les pays de l'Est. Des photos de qualité servies par la meilleure imprimerie d'Europe." 

Même s'ils photographient des moutons, les photographes ne sont pas devenus photographes en les contemplant mais en regardant les photos de leurs aînés. C'est toujours en fonction de la photo à prendre puis à élire parmi toutes celles figurant sur la planche-contact que le photographe regarde le monde. "J'ai attendu que l'homme soit dans l'axe de la dernière bête de son troupeau, prolongé par l'arbre au tournant du chemin, pour saisir cette scène où je voyais le symbole d'un rythme de la vie qui donne du sens au temps, aux saisons, à l'alternance du jour et de la nuit." Peu importe le moment où Hans Silvester a vu cet axe (avant la prise de vue ou au tirage), ce qui compte, c'est qu'il l'a vu et choisi. Cet axe, revendiqué à juste titre par le photographe comme la raison de la beauté de sa photo, ne l'explique pas pour autant entièrement. D'où la secrète inquiétude chez Hans Silvester de se voir dépossédé par ce que Barthes appelait le "certificat de présence" du sujet photographié. Or toute photo, en dépit de ce "certificat", appartient à son auteur comme elle appartient au monde de la photo. Le spectacle qu'il eut ce jour-là sous les yeux n'était qu'un dictionnaire. Il fallut le regard d'un très grand photographe pour que soit "écrite" cette inoubliable géorgique. 

Replacer l'oeuvre dans son contexte

La Provence, le Portugal, l'Andalousie, l'Italie, la Grèce, l'Irlande, l'Amérique, le Japon, l'Inde, la vallée de l'Omo au sud de l'Ethiopie, les chevaux, les chats, les cerfs-volants, les tableaux éphémères des corps peints et parés de feuillages, c'est tout son itinéraire que reprend et commente Hans Silvester, replaçant ses photos dans leur contexte et les habillant d'intentions qui souvent lui servent à conjurer l'invincible malentendu qui rôde autour de cet art et de sa fidélité au monde. 

"La musique, les états de félicité, la mythologie, les visages travaillés par le temps, certains crépuscules et certains lieux veulent nous dire quelque chose, ou nous l'ont dit, ou sont sur le point de le dire ; cette imminence d'une révélation, qui ne se produit pas, est peut-être le fait esthétique." Hans Silvester appartient à cette race de grands photographes qui pourraient inscrire en exergue de leur travail cette citation de Borges que Philippe Jaccottet recopia un jour dans un de ses carnets. 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/l-oeuvre-du-photographe-hans-silvester-commentee-par-lui-meme_1031074.html#IszcSB1FJ2WPbFPb.99

Les éditions Hoëbeke ont lancé en mars 2010 une nouvelle collection dédiée aux photographes. Le principe en est simple : leur donner la parole en leur proposant de revoir leurs reportages, de se souvenir des moments importants de leur vie, de parler de leur métier (de leur art) en composant eux-mêmes une anthologie de leurs photos les plus significatives. D'où le titre de la collection : "Derrière l'objectif", avec pour sous-titre : "Photos et propos". Les trois premiers ouvrages déjà parus sont signés Willy Ronis, Eric Valli et Reza. 

La singularité de l'oeuvre d'un photographe est fonction de ses choix, de ses thèmes de prédilection, fonction également de son rapport à l'histoire, à la géographie, de son parti pris ethnographique ou psychologique, de son aptitude surtout à tâtonner vers une émotion qui s'appuie certes sur la réalité, mais dont la nature a trait à la dimension proprement créatrice de son travail. Cette aptitude est flagrante chez Hans Silvester qui signe le quatrième ouvrage de la collection. 

Né en 1938 à Lörrach, dans le Bade-Wurtemberg, près de la Forêt-Noire, Hans Silvester a quitté très tôt l'école pour entrer en apprentissage chez un patron photographe. Il aurait pu choisir un "métier du cheval" puisqu'il faisait partie de l'équipe minime nationale de dressage. Ce fut la photo. Avec elle, il découvrit la Camargue et ses gardians, retrouvant ainsi les chevaux. Ce fut son premier livre avec un texte de Jean Giono qui lui ouvrit la porte de la notoriété. 

Conjurer l'invincible malentendu de cet art

D'origine modeste, il n'était en rien prédisposé à être photographe. C'est peut-être à "ces revues largement illustrées de photographies", introduites par les Américains en Europe au lendemain de la guerre, qu'il doit d'avoir choisi cette voie. "Je me souviens aussi et surtout, écrit-il, mettant le doigt sur l'essentiel, de la revue suisse Du, dans laquelle Werner Bischof a publié ses premiers reportages sur les pays de l'Est. Des photos de qualité servies par la meilleure imprimerie d'Europe." 

Même s'ils photographient des moutons, les photographes ne sont pas devenus photographes en les contemplant mais en regardant les photos de leurs aînés. C'est toujours en fonction de la photo à prendre puis à élire parmi toutes celles figurant sur la planche-contact que le photographe regarde le monde. "J'ai attendu que l'homme soit dans l'axe de la dernière bête de son troupeau, prolongé par l'arbre au tournant du chemin, pour saisir cette scène où je voyais le symbole d'un rythme de la vie qui donne du sens au temps, aux saisons, à l'alternance du jour et de la nuit." Peu importe le moment où Hans Silvester a vu cet axe (avant la prise de vue ou au tirage), ce qui compte, c'est qu'il l'a vu et choisi. Cet axe, revendiqué à juste titre par le photographe comme la raison de la beauté de sa photo, ne l'explique pas pour autant entièrement. D'où la secrète inquiétude chez Hans Silvester de se voir dépossédé par ce que Barthes appelait le "certificat de présence" du sujet photographié. Or toute photo, en dépit de ce "certificat", appartient à son auteur comme elle appartient au monde de la photo. Le spectacle qu'il eut ce jour-là sous les yeux n'était qu'un dictionnaire. Il fallut le regard d'un très grand photographe pour que soit "écrite" cette inoubliable géorgique. 

Replacer l'oeuvre dans son contexte

La Provence, le Portugal, l'Andalousie, l'Italie, la Grèce, l'Irlande, l'Amérique, le Japon, l'Inde, la vallée de l'Omo au sud de l'Ethiopie, les chevaux, les chats, les cerfs-volants, les tableaux éphémères des corps peints et parés de feuillages, c'est tout son itinéraire que reprend et commente Hans Silvester, replaçant ses photos dans leur contexte et les habillant d'intentions qui souvent lui servent à conjurer l'invincible malentendu qui rôde autour de cet art et de sa fidélité au monde. 

"La musique, les états de félicité, la mythologie, les visages travaillés par le temps, certains crépuscules et certains lieux veulent nous dire quelque chose, ou nous l'ont dit, ou sont sur le point de le dire ; cette imminence d'une révélation, qui ne se produit pas, est peut-être le fait esthétique." Hans Silvester appartient à cette race de grands photographes qui pourraient inscrire en exergue de leur travail cette citation de Borges que Philippe Jaccottet recopia un jour dans un de ses carnets. 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/l-oeuvre-du-photographe-hans-silvester-commentee-par-lui-meme_1031074.html#IszcSB1FJ2WPbFPb.99
Galerie-Mohamed-El-Fassi.jpgLes objets odinaires mis en vedette révèlent un vécu presque oublié.

Cette prestation, organisée par le ministère de la Culture en collaboration avec l’Association marocaine d’art photographique (AMAP), dévoile la vision spécifique du photographe Abdelghani Bibt, à partir d’une thématique qui lui tient tant à cœur. Celle de faire la lumière sur des objets banals du quotidien. «Toujours dans la continuité de mon travail sur les ruines et les choses délaissées, j’essaye de mettre en valeur tous les objets qu’on peut rencontrer quotidiennement sans nous rendre compte de leur importance. D’où l’idée de cette thématique qui m’est venue lorsqu’on fouillant dans la maison presque en ruine de ma grand-mère, j’ai découvert un petit sac renfermant des objets banals de son quotidien. En les photographiant, je n’ai pas cherché à les monter en épingle en leur donnant un sens plus élevé. Je n’ai fait que les exposer à ma lumière photographique.

Ce n’est pas par amour pour les ruines comme disait Walter Benjamin, mais pour l’amour du chemin qui se fraie un passage au travers», souligne Abdelghani Bibt, dont la série de cette nouvelle collection photographique est montrée de telle manière à faire découvrir ce que cache le vécu de sa grand-mère à travers une mise en scène bien particulière qui en dit long sur la perception d’une vie intime antécédente.

«Les objets odinaires mis en vedette révèlent un vécu presque oublié, oblitéré par le temps et recèlent une charge qui conjugue familiarité, mystère et sacralité. Certains objets ne cachent pas leur fonction d’usage : peigne en écaille, épingles à nourrice, aiguille à coudre rouillée, fil à coudre, ficelle, morceau de tulle, montre, collier, fragment de collier, chapelet, rasoir à main mécanique, écorce de noyer séchée (souak), portraits-photos en papier écornés. En revanche, d’autres objets ne manquent pas d’évoquer les gris-gris, le fétichisme ou la superstition en échappant à toute rationalité fonctionnelle : petit coquillage, caillou, petits fragments de textes manuscrits (talismans, vieux parchemins), mèche de cheveux, cristaux blancs (sucre, sel, alun), débris de végétaux desséchés…», explique le critique Thami Benkirane.

Le choix du sac en lui-même n’est pas un hasard. Car le sac d’une femme reflète bien son vécu et sa personnalité. «Le sac est considéré comme une prolongation-projection de sa propriétaire. C’est l’un des lieux privilégiés où se fabrique l’identité», ajoute T. Benkirane

 

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Published by Ouafaâ Bennani, LE MATIN
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